Les Lascars Gay, Théâtre Clavel, 21 Octobre 2010.

25 octobre 2010

Le théâtre Clavel accueille Les Lascars Gay jusqu’ au 31 décembre 2010. Et c’ est une très bonne idée !

 

 

 

Comme quasiment tout le monde, nous les avons découvert chez Ruquier, dans sa nouvelle émission sur France 2. Ruquier peut être énervant par son omniprésence mais il a un talent fou pour mettre le doigt sur les nouveaux qui méritent d’ avancer plus vite que les autres… (Foresti en est le meilleur exemple.). Et là, une fois de plus, son doigt à désigné un duo savoureux…

 

 

 

Steeve et Ryan sont deux jeunes de cité-banlieue pas tout à fait comme les autres, ils sont homos, s’ en cachent sans se cacher, assument sans provoquer…

 

Leurs préoccupations sont les mêmes que les préoccupations des homos ou des hétéros en général :  « j’ ai un nouveau mec » ou  « mon mec m’ a quitté », le tout avec les tics de langages et les expressions de lascars typiques…

 

 

 

On souri souvent, on ri beaucoup. Une scène de drague entre un rasta fumé comme un renard et un jeune rebeu effronté vaut à elle seule le déplacement ! Une autre entre un jeune paumé et un homme d’ affaire visiblement égaré dans la cité n’ est pas mal non plus…

 

 

 

Le tout est rythmé de rap, de chansons actuelles (une imitation de Lady Gaga très sympa, une chanson de Piaf « slamée » qui prend subitement une autre dimension… ).

 

 

 

Bref, une bonne soirée !

 

 

 

Le spectacle est court (1h15), sans temps mort.

 

 

 

2 (petits) bémols à cet enthousiasme : Il n’ y a pas à proprement parler de scène (petite salle brute, le 1er rang -où nous étions- est la scène), et la proximité avec les acteurs (qui sont à 1m des spectateurs) enlève une distance qui parfois serait nécessaire et nous permettrait de ne pas penser que ce sont 2 copains qui font des sketchs pour leurs potes et non des acteurs face à un public.

 

 

 

2nd bémol, justement sur leur complicité évidente qui parfois les desserts un peu… Ils se font des blagues, changent volontairement une réplique pour se déstabiliser mutuellement et c’ est parfois un peu lassant, et enlève du mordant à certaines répliques, situations…

 

 

 

il y a une belle interaction avec le public, une jeune fille leur sert de défouloir (elle est surnommée, en toute élégance, « la pute », parcequ’ elle est supposée avoir fait de l’ œil à l’ un des 2…) mais reçoit à la fin une jolie rose en excuse…. Un garçon également sert à pimenter les jeux de drague (pauvre Gregory ! Qui lui est reparti sans rose, mais avec un préservatif..).

 

 

 

Un bon spectacle, à voir et 2 acteurs à suivre !

 

 

Show Boat, Théâtre du Châtelet, dimanche 3 Octobre 2010.

25 octobre 2010

Je vais vous parler de retrouvailles ce soir…

La première est anecdotique, mais capitale : cet après-midi j’ ai retrouvé « mon » Châtelet.

3 mois sans fauteuil rouge et sans fosse d’ orchestre…Vous allez me dire « Ben, et «The Phantom Of The Opera » à Londres, c’ était des fauteuils verts et l’ orchestre jouait au 3 eme balcon ? »…Je vous répondrais donc que ce n’ est pas du tout la même chose, qu’ un Musical à Londres fait partie du packaging du parfait touriste, que Her Majesty’s Theatre n’ est pas « mon » Théâtre et que j’ ai le droit d’ être Châtelet Adict !!

 

Les secondes retrouvailles étaient  81 ans après leur rencontre entre Show Boat et le Théâtre du Châtelet.

 

Show Boat… Je ne vais pas m’ appesantir sur l’ œuvre, mais en quelques mots sachez que l’ action se déroule le long du Mississipi, à bord d’ un bateau théâtre… L’ action se déroule à la fin du XIXéme siècle, et la ségrégation raciale est terrible dans certains états du sud… La star du bateau (Julie) est obligée de fuir, car métisse, remplacée au pied levé par la fille du capitaine (Magnolia). La jeune fille tombe amoureuse de Gaylord,, charmant acteur et joueur invétéré.

Ils se marient, ont une fille, Kim. Lui s’ enfuit pour ne pas entraîner sa famille avec lui dans ses problèmes de jeux (et de dettes…). 20 ans plus tard tout le monde se retrouve sur le bateau, se pardonne, s’ aime… Le tout sous le regard bienveillant de Julie qui a fini chanteuse alcoolique dans un bar à dockers…

 

La mise en scène de Janice Honeyman est assez académique, je me suis demandé assez vite ce que je faisais là… Plan-plan… Un peu trop enjoué… Et il y a eu Paul Madibeng qui s’ est emparé de la scène… Il interprète Joe, un noir,   l’ homme à tout faire du bateau… Et le thème musical de Joe c’ est l’ ultra célèbre « Ol’ Man River »… J’ en connais environ 128 version (même une en français par Georges Guéthary ! )…Celle de cette version n’ est peut-être pas la plus parfaite, mais, est-ce l’ effet « en public », je me suis senti porté, soulevé et je n’ ai pas atterri avant la fin du second acte en fait.

 

Autre chanson magique « Can’t help lovin’ that man of mine »… Interprétée ici par la très belle Angela Kerrison, qui incarne Julie… j’ en connaissais plusieurs versions, plutôt lentes, type ballade… Ici elle est utilisée sur un rythme enlevé, entre le charleston et le gospel…

 

Ces deux chansons reviennent régulièrement, marquent les changements de décors, d’ époques (l’ action se déroule sur près de 20 ans)…

 

Il y a des duos frémissants (entre Magnolia et Gaylord, respectivement Mandie de Villiers-Schutte et Blake Fisher), des ballets, des chœurs, des solos… Bref, tous les codes qui sont utilisés dans les Musicals depuis la création de Show Boat… Qui est historiquement le 1er Musical de l’ histoire…

 

Donc… À voir, peut être pas LA priorité du mois, mais à voir… Pour les chansons surtout, pour les retrouvailles entre Magnolia et Gaylord, pour les 2 ou 3 larmes que j’ ai retrouvé, comme ça sans avoir rien demandé à personne, sur mes joues (que voulez-vous, des retrouvailles d’ amoureux éternels avec un grand gars qui nous balance une fois ultime son « Ol’ Man River »… Je ne résiste pas…)

 

Merci à Yves pour son accueil chaleureux et les supers tops places au 3e rang, c’ était parfait !

 

À bientôt…

 

Les Misérables, Théâtre du Châtelet, 30 Mai 2010.

31 mai 2010

Des mois, des années que j’attendais…

«Les Miz», dans la langue qui a fait leur succès, enfin à Paris…

Je ne vais pas revenir sur les polémiques lors de la création de l’œuvre de Boublil et Schönberg en 1980, au Palais des Sports, dans la mise en scène de Robert Hossein… sachez juste qu’à l’époque, même si le public avait répondu présent, la presse et la critique n’avaient pas manqué de crier à l’infamie («Comment oser toucher, dénaturer, démanteler l’œuvre de Victor Hugo»… en bref, c’était la tendance de l’époque…).

Un producteur plus visionnaire et avec moins de parti pris (anglais, donc moins impliqué dans la polémique) à la simple écoute de l’album a décidé que ce serait LE show qui allait changer le monde de la comédie musicale à tout jamais…

Remaniements musicaux, réécriture des textes en anglais (le texte français original n’a quasiment aucun rapport avec la version définitive, seule la trame est restée)…

Et un succès planétaire à la clef ! C’est le spectacle le plus joué dans le monde depuis 25 ans et, dans chaque pays, tout est retraduit dans la langue dudit pays…

Sauf en France !

On peut se demander pourquoi… Choix des auteurs (conspués à l’époque et qui choisissaient ainsi de « punir » les méchants Français), choix du producteur (il conserve ainsi le même casting pour sa tournée, c’est une nouvelle production – décors, costumes – donc il amortit plus vite ses frais) ou tout simplement choix artistique, le texte anglais étant, à mon avis, bien plus puissant et beaucoup plus suggestif.

Fébrilité depuis le matin, excitation qui monte au fur et à mesure qu’approche l’heure du spectacle, limite à partir vers 16h30 pour être sûr qu’il ne se passe rien de fâcheux sur la route qui puisse nous retarder (distance entre chez nous et le Châtelet : 500 mètres… ne riez pas, TOUT peut arriver en 500 mètres…). Bref, à 20h nous sommes arrimés à notre 3ème rang de corbeille…

Les ingénieurs du son ont mis le paquet, le théâtre a été complètement re-sonorisé (énormes enceintes qui tombent de chaque côté et au-dessus de la scène, petites enceintes nichées dans les balcons), afin de recréer un son surround-dolby-THX… Bref, ça dépote au niveau des tympans !

L’orchestre se défoule, les chanteurs et les tableaux se succèdent, la scène se remplit et se vide de décors et de figurants, les personnages s’affirment, tout se passe bien… Je trouve néanmoins que la scène est bizarrement sous-exploitée… Les chanteurs sont souvent isolés dans des recoins, sans meubles, sans décors… Plateau trop grand ou production trop petite ?

Après la mort de Fantine, tout semble plus fluide, plus « habité »… Est-ce parce que j’attendais avec impatience le premier morceau de bravoure du show, le fameux et magique « I Dreamed a Dream » et que lorsque celui-ci a été passé, je me suis installé plus confortablement dans le spectacle ? Je ne sais pas, mais la magie a opéré réellement à partir de ce moment-là…

Pas besoin de vous résumer l’intrigue, non ? Valjean, Javert, Thénardier, Marius, Cosette, Eponine et Gavroche ça se trouve sur Google !

Tous sont brillants, vocalement irréprochables (sauf Rosalind James qui joue Eponine et qui a lancé un splendide couac dans son air du 2nd acte « On My Own »… morceau que j’attendais avec autant d’impatience que celui de Fantine (Madalena Alberto) au 1er acte…). Celui qui m’a le plus bluffé est Earl Carpenter qui joue Javert… J’ai été scotché à mon siège à chacun de ses airs.

Ce qui est bien dans Les Misérables, c’est que tous les quarts d’heure il y a un morceau de bravoure vocal ou un duo vibrant… Les scènes de transitions sont belles mais suffisamment modérées pour que nous reprenions notre souffle sans nous endormir… Mes amis puristes me pardonneront j’espère cette faiblesse pour des chansons à l’aspect parfois racoleur…

La mise en scène de Trevor Nunn et John Cairn est brillante, suffisamment descriptive pour que rien ne soit ambiguë mais tout de même allégée pour permettre un déplacement facile des éléments de décor et des chanteurs (très belle utilisation de projection de dessins réalisés par Victor Hugo lorsqu’il pensait illustrer son ouvrage, notamment dans la scène de la fuite dans les égouts… on s’y croirait !). La mort d’Eponine est frontale, celle de Gavroche suggérée mais efficace, le suicide de Javert est un modèle du genre ! (Ceux qui ne connaissent pas l’histoire originale doivent se dire que dans le genre festif, on fait mieux ! Ne vous bilez pas mes amis, à la fin Cosette et Marius se marient…).

L’ensemble pourrait être pesant, oppressant, mais l’énergie des personnages principaux, la fougue des combats sur les barricades et les éclats de rire provoqués par les époux Thénardiers oxygènent le tout.

Très beau spectacle, oui…

(à ce stade vous devez vous dire : où sont les vices cachés ?? J’ y arrive…)

Un agacement cependant… Je ne sais pas qui a traduit le texte en français pour le sur-titrage du spectacle, mais alors… Plus confus et compliqué ce n’aurait pas été possible… Par exemple, Jean Valjean voyant sa fin prochaine (encore un !!!) se retrouve entouré des fantômes de Fantine et Eponine. Fantine lui dit : « Take my hand, I’ ll guide you to salvation… » traduit par : « Prends ma main je t’emmène vers la lumière » (jusqu’ ici ça va à peu près…) et Valjean lui répond : « I am ready Fantine » (je suis prêt Fantine) et là c’est traduit, je n’exagère qu‘un petit peu, par : « Oui je vais te suivre dans un monde heureux où les oiseaux chantent etc… »… J’ai préféré me plonger dans la VO intensive et zapper la (mauvaise) traduction.

C’est le seul bémol de cette soirée.

Pour résumer : l’œuvre est suffisamment puissante pour éventuellement se passer de mise en scène (voir à ce propos le magnifique concert donné à l’Albert Hall de Londres pour les 10 ans du show. Un orchestre, des choristes et de somptueux solistes…), et je crois que même vêtus de peaux de bêtes, allongés sur scène, j’aurais aimé… Il y a dans ce spectacle tout ce qui me fait vibrer : des mélodies puissantes, des voix pleines et veloutées, du grand spectacle et un mariage à la fin… Heureux !

A la sortie, sur un nuage, notre ami Yves nous attendait à la porte et nous a donné des ballons avec l’affiche du spectacle imprimée dessus… Parce qu’il avait vu, à l’entracte que nous étions ravis comme des gosses… Merci Yves ! Et ces ballons ont ravi le petit gars de 5 ans maxi à qui nous les avons à notre tour offerts dans l’escalier en rejoignant la rue…

Le dernier spectacle de cette saison 2009/2010 au Châtelet a été à la hauteur de l’année écoulée…

Prochain musical dans cette salle à l’automne : Show Boat…

Petite vidéo jointe : le final lors du concert des 10 ans… 17 Jean Valjean sur scène pour une version internationale de « Do You Hear The People Sing »…

Treemonisha, répétition générale, Théâtre du Châtelet, 29 Mars 2010.

29 mars 2010

Nous étions placés dans un premier temps au 1er rang du second balcon.

Belle vue d’ ensemble, j’ aime assez ces places (un poil haut mais avec tout le recul nécessaire pour la scène et les surtitres…). Yves, l’ ami toujours attentif à notre bien être lorsqu’ il nous accueille au Châtelet,vient nous chercher quelques minutes avant le lever du rideau, et nous glisse au second rang de l’ orchestre, au milieu, pille derrière le chef…

Merci mille fois Yves ! Jean Luc Choplin, directeur du théâtre, vient nous annoncer que, comme d’ habitudes lors d’ une répétition générale, les chanteurs ne sont pas tenus de nous donner toute leur amplitude vocale et que le chef ou le metteur en scène peuvent à tout moment interrompre la représentation. J’ aime bien Jean Luc Choplin, il a dépoussiéré en quelques années un lieu mythique, figé, pour ouvrir cette (belle) salle à un autre public… et, en plus, il a des chaussures rouges…

Treemonisha est la première œuvre ouvertement « pro-black » composée par un blanc aux Etats Unis, en 1911, 15 ans avant Porgy & Bess…

L’ histoire raconte les aventures de la jeune et belle Treemonisha, jeune fille adoptée par Monisha et Ned qui l’ ont trouvée sous un arbre sacré(En fait ils l’ ont nommée Monisha… mais à cause de arbre ils ont ajouté « tree » devant…). La communauté vit dans la crainte des fantômes et des sorciers.

Pas notre héroïne qui envoie ces traditions vers le passé et par la même occasion un représentant des forces obscures en dehors du village.

Ce qui doit arriver arrive : le méchant, Zodzetrick, enlève la jeune fille. Un valeureux jeune homme, Remus, vole au secours de la belle et la ramène auprès des siens.

Retrouvailles, joies et amour pour tous ! Le fourbe Zodzetrick et son complice sont arrêtés, la foule veut leur faire la peau…

Treemonisha s’ oppose au village et fait comprendre à ses amis que seul l’ amour peut sauver les âmes impures et qu’ il faut pardonner à ceux qui nous ont offensés…

Elle est élue chef de la communauté et (c’ est implicite) épouse Remus…

Rideau.

C’ est indigeste comme résumé, non ? Il ne manque plus que les alpes autrichiennes et hop, c’ est Heidi !!

Replaçons nous dans le contexte de l’ époque…

1911… les champs de coton et l’ esclavage ne sont pas loin… le poids des traditions religieuses et des rites vaudous sont omniprésents…

L’ éducation et l’ émancipation des femmes, noires qui plus est, sont inexistantes…

Le résumé semble plus intéressant maintenant, non ?

Bref, Scott Joplin, en écrivant cet opéra, était assez novateur et se contrefichait de l’ avis des biens pensants en tout genres. (L’ opéra au demeurant fut un échec : les blancs –pardons les gentils américains d’ origine européenne- n’ avaient pas envie d’ écouter ce type de discours pro-black et les noirs –re pardon les afros américains- n’ allaient pas à l’ opéra, art pour blancs… ).

Voilà pour le contexte de l’ œuvre. Il y a de jolis moments (un très beau : dans un champs de coton des hommes rêvent à un repas… et dansent en se réjouissant à l’ avance du festin). D’ autres plus pesants (deux airs successifs sur le bien et le mal, l’ amour de l’ autre, aimes et tu seras aimé….un peu lourd à la longue…), mais globalement, musicalement, ça passe.

Je ne dis pas que je vais me précipiter sur l’ iTunes Store pour commander cette œuvre, mais ça a le mérite d’ être joyeux et facile à découvrir(c’ est toujours le problème lorsqu’ on va assister à la représentation d’ un opéra que l’ on ne connaît pas : et si la musique nous ennuie ??).

Alors… Pour ma part, nous étions trop près de la scène, obligés de jouer des cervicales pour lire les surtitres…

Et les talents d’ actrice de Adina Aaron qui jouait Treemonisha passent difficilement le cap du plan rapproché ! Très jolie voix, belle prestance, beaucoup d’ énergie,mais… 2 expressions à son actif ! Les autres sont beaucoup plus justes…

Mais, avantage du plan rapproché, dans le rôle de Monisha, la mère, il y avait Grace Bumbry… Elle a 73 ans et un côté « old school », ampoulé, dans sa manière de chanter (Depuis quelques années la technique vocale a évolué, les voix sont moins puissantes mais la diction, le phrasé, ont souvent gagnés en délicatesse). Mais quelle présence !Le regard… perçant, bienveillant lorsqu’ elle écoute les autres… Elle fait partie, à l’ instar de Placido Domingo, de mes premiers chocs vocaux. Une empreinte pour toujours au creux de l’ oreille. L’ entendre « pour de vrai » a été magique.

Le décors (pur carton-pâte, esprit patronage naïf…) est sympa, de belles lumières, signées Rouveyrollis, illuminent l’ ensemble, les costumes sont colorés et vifs (belle utilisation du lin, qui donne de jolis contrastes) et la troupe est dynamique. Un joli spectacle…

Maintenant, ma question principale est la suivante : qu’ en aurait il été si la mise en scène avait eu un poil plus de distance et de détachement ?

C’ est ça qui m’ a turlupiné durant la représentation et le retour vers la maison. J’ attendais plus de Bianca Li…

Plus de point de vue et moins de terre à terre…. Il n’ y avait pas vraiment de réelle implication. Dommage…

Donc… joli spectacle, facile d’ accès et bonne distribution… Que demander de plus ?

Je ne sais pas, il a manqué le petit rien qui me fait vous écrire un compte rendu dithyrambique et enthousiaste.

Je pense que si j’ avais dû payer mes places (facile à dire lorsque l’ on est invité…) j’ aurais sûrement été plus difficile…

Arielle Dombasle, “The Video Glam Show”, 25 Mars 2010

25 mars 2010

Je ne connaissais pas La Cigale. Je recommande cette salle à tous ceux qui ne savent pas où placer leurs jambes… les espaces entre les rangs sont suffisants… Donc, avant le début du Show (car c’ est bien d’ un Show dont je vais vous parler) l’ impression de confort est présente.

La salle se rempli petit à petit. Un public varié ! Derrière nous un couple hors d’ âge, devant nous deux copines liftées au chignon serré, un peu plus loin des folles hyper lookées et quelques people plutôt discrets (BHL, en pleine exposition de torse sous chemise -blanche, forcement blanche- ouverte jusqu’ au nombril, vient baiser très élégamment la main de la dame en Chanel derrière nous… Karl Zero et Daisy saluent quelques amis… ), bref, un public éclectique…

Une annonce digne des grands spectacles dits “A l’ Américaine” (And Noooow Laaadies and Gentlemeeeeen, pleeeaase welcoooome the One Aaaaand Onlyyyyy… ) et arrivée de Super Arielle…

Arielle… Je comprends qu’ elle puisse agacer prodigieusement, que son phrasé minaudant donnent à certain l’ envie de s’ arracher les tympans, que sa taille de guêpe et ses jambes interminables découragent toutes celles qui se trouvent énormes dans un 36 (et donnent également à ces dernières des envies de meurtres..)… Mais comment dire, sans paraître de parti pris -vous me connaissez- aucun, elle est vraiment divine…

Le Show se découpe en 3 parties.

Dans un premier temps elle enchaîne quelques extraits de l’ album composé pour elle par Philippe Katherine l’ an dernier, afin de nous entraîner dans un monde Cosmico-Idéalo-Fantasmagorique (ce sont ces mots)… Elle glisse dans cette partie un air de Purcell, comme ça, en passant (“The Cold Song”, extraite de “King Arthur”… massacrée dans les années 80 par Klaus Nomi)… et ça passe. La voix est chaleureuse, un petit souffle se glisse parfois dans les aigus, mais la maîtrise est suffisante pour faire passer les imperfections dues au live en une émotion humaine et désarmante.

Dans la seconde partie, (elle passe en coulisse changer sa combinaison argent-diamants contre une robe noire pailletée lacée dans le dos, fendue sur le côté… chavirante !) elle reprend quelques extraits de sa tournée précédente (Hommage aux années 30 et 40, rumbas et mambos), donne des envies de danse à son public (je dois admettre que les pieds bougeaient tout seuls…)…

Et la troisième partie (robe rose bonbon et strass…) démarre comme un feu d’ artifice avec l’ arrivée de Philippe Katherine… Ils chantent en duo “ExtraTerrestre” et le kitchissime, délirant “Poney Rose”…

Arielle est accompagnée par quatre musiciens talentueux, agréables à regarder qui plus est, par deux danseuses assez jolies (mais pas trop, la star, c’ est Arielle !) et deux catcheurs (!) qui interviennent entre deux parties. Les projections vidéo -qui généralement m’ énervent car ne sont souvent là que pour meubler et compenser une prestation moyenne- ont un vrai rôle d’ accompagnement, ne sont pas des extraits de clips ou de concert, mais de vraies créations numériques.

La standing ovation était spontanée et l’ ovation longue et méritée… une pluie de rose tombe sur la scène, jetée par des admirateurs ravis…

Bref… La divine Arielle nous a encore une fois bluffés hier soir à La Cigale. Je ne peux hélas pas vous dire d’ y courir, c’ était la dernière représentation. Mais lors de la prochaine tournée, allez y par curiosité (comme nous hier soir) et vous y retournerez conquis (comme nous aujourd’ hui)…

Prochain billet la semaine prochaine, une répétition générale au Châtelet.

A bientôt, Thomas.

Vladimir Cosma, Théâtre du Châtelet, 9 Mars 2010.

9 mars 2010

Vladimir Cosma est dans la mémoire collective…

le cinéma du dimanche soir, les fous rire (je ne résiste pas à Jean Carmet dans Le Grand Blond…), les émois d’ ados (ah… La Boum…)… Il a un sens de la mélodie aigu, c’ est très agréable a écouter (les notes égrenées au piano dans Diva… presque du Satie.). Nous y allions donc avec plaisir et enthousiasme.

Le public: enfants, ados, quarantenaires (se sont embrassés sur Reality ceux là !), mamies au régécolor frais du matin (et une petite larme en repensant à l’ Amour en Héritage), très vieux seniors qui ont sûrement bien connus le père, Joseph, lorsqu’ il a composé Les Feuilles Mortes… Bref, de tout…

La scénographie : un maître de cérémonie : Vincent Perrot. Oui ! Vincent Perrot ! Celui de France 3 ! L’ émoi qu’ il a provoqué dans le public a commencé à me donner des doutes sur la suite de la soirée…

Arrivée du maestro Cosma. Sobre, un rien de maniérisme dans sa façon de saluer, mais dans l’ ensemble sobre…

Et là, la cata… Tous les airs, tous, étaient accompagnés de diaporamas qui illustraient le film dont la musique était jouée… Un éclairage dans le plus pur esprit Jean Michel Jarre balayait la salle… Un son + lumière + images qui donnait la nausée … Entre 2 airs, Cosma quitte systématiquement son estrade pour aller en coulisse… Comme ça, pour le plaisir des rappels… Il se prend pour Madonna ou quoi ??

Je vous épargne le cafouillage des changements de pupitres et branchements de micros, à croire que le mot “répétition” n’ existe pas…

Arrivée de la soprano qui vient interpréter un extrait de l’ opéra qu’ il a composé en 2008, Marius & Fanny, d’ après Pagnol (extrait orchestral loin d’ être désagréable) et l’ inénarrable, kitchissime Amour En Héritage…

D’ habitude, au Châtelet, lors d’ une générale, on nous prévient que les artistes ne sont pas tenus de chanter dans la plénitude de leur voix… hier il aurait fallu prévenir la soprano qu’ elle n’ était pas en répétition générale !! Elle avait un micro branché devant elle (nous avons assisté au test…) et on ne l’ entendait pas… Ce morceau, monstrueux de guimauve et de platitude textuelle, aurait pu être à la limite rigolo, avec un aspect “il a fait mieux tout de même”… et bien là non… L’ ovation reçue ensuite par la chanteuse et Cosma m’ a fait comprendre que je m’ étais trompé de soirée…

J’ ai décroché. Complètement. J’ ai regardé plusieurs fois ma montre… un signe qui ne trompe pas… Re-cafouillage technique, arrivée en retard de Philippe Catherine (sans le K, faut pas rêver non plus !) guitariste soliste pour la musique du Dîner de Cons… Avec en grand le regard alcoolo-larmoyant de Villeret projeté au dessus de l’ orchestre…

Entracte. Je pense aller fumer une cigarette, Christophe se dit qu’ il a soif, et comme ça sans nous concerter, nous nous retrouvons sur le chemin de la maison…

J’ avais mon tabac sur moi et au Châtelet il y a un bar au grand foyer… Mais nous nous sommes finalement dits que chez nous ce serait mieux…

Aucun regrets ! Je crois en fait, que ce qui m’ a le plus dérouté c’ est que ce spectacle se soit déroulé au Châtelet… Un cinéma (le Rex) ou une salle de concert type Zenith auraient sûrement mieux convenu à ce type de concert.

“A Little Night Music”, Théâtre du Châtelet, Lundi 15 Février 2010

15 février 2010

J’ allais hier soir au Théâtre du Châtelet voir “A Little Night Music” , dont c’ était la 1ere représentation en France, avec une légère appréhensions.
Casting prestigieux, trop peut-être… Leslie Caron, Greta Scacchi, Lambert Wilson…
Oeuvre légère mais qui nécessite de l’ attention…
Compositeur fameux et encensé sans restrictions… Stephen Sondheim…

Une de mes grandes question était : comment tirer une comédie musicale légère d’ un film de Bergman ?
“Sourires d’ une nuit d’ été”, réputé comme étant la seule comédie du cinéaste, est à l’ origine de l’ histoire jouée sur scène, un marivaudage galant entre un avocat marié à une jeune fille et une actrice qui fut sa maîtresse des années avant…

Je ne vais pas vous détailler tout le fil du scénario, qui part parfois dans le vaudeville, mais c’ est assez cohérent dans l’ ensemble.

Alors alors…

Bon, je le concède, Leslie Caron -légende de Broadway- est un poil décevante. Elle cabotine à mort, oublie son texte, minaude comme une rosière… Le rôle est celui d’ une vieille dame indigne, ex-courtisane qui se complaît dans ses souvenirs en élevant sa petite fille, née des amours passées de l’ avocat et de l’ actrice… Son entrée sur scène a été ovationnée, son salut final un peu moins…

Lambert Wison est fidèle à lui même… Charmeur, sexy, bon acteur, bon chanteur (ah… sa première chanson “Now”…)… Le rôle de l’ avocat a t’ il été écrit pour lui ? On peut presque le penser !

Greta Scacchi n’ est pas chanteuse, ça se sent -et ça s’entend parfois- mais elle déborde d’ énergie et de drôlerie. J’ attendais son grand air du second acte (“Send In The Clowns”) avec impatience et elle m’ a donné des frissons partout. Effectivement elle ne le chante pas très bien, mais cette chanson qui est plus désespérée qu’ autre chose, mérite une grande actrice et une interprétation sensible. Ce qu’ elle est et ce qu’ elle donne.

Le reste du casting est très sympa aussi. Rebecca Bottone qui joue Anne, la jeune épouse de l’ avocat, Deanne Meek, et Francesca Jackson ne sont pas en reste…

La mise en scène est fluide, les changements de décors se font légèrement (un rideau traverse le plateau entraînant un meuble et en laissant un autre) et les costumes (pure tradition 1900) sont somptueux…

J’ en suis ressorti 3 heures plus tard léger, heureux, comblé et plein de reproches en tête (Comment as-tu pu douter ? Comment as-tu pu oser penser que…?)…
Karine, qui m’ accompagnait hier soir, a été conquise également.

C’ était magnifique, aérien, drôle, sensible, bouillonnant.

Il reste quelque places et quelque représentations jusqu’ au samedi 20 Février… Courrez-y !

Pour ma part j’ y retourne samedi pour la dernière…

A bientôt.

Thomas.

Notre ami Yves nous a accueilli comme d’ habitude avec une grande attention et beaucoup de gentillesse, merci encore Yves !

Ah, pour rappel, “The Fly” garde sa première place dans mon classement, mais a désormais un ex-aequo…

La Vie Parisienne, Théâtre Antoine, 20 Janvier 2010

20 janvier 2010

Un seul mot d’ ordre : courrez-y.

L’ histoire (un couple de Suédois “subit” une visite de Paris par un guide improvisé qui n’ a qu’ une idée en tête… s’ envoyer la Suédoise, tandis que le Suédois rêve de se taper une célèbre cocotte, ex petite amie du guide … Clair ?) est anecdotique dans cette adaptation.

Alain Sasch a choisi de mettre en scène une audition-répétition dans laquelle de (jeunes) comédiens chanteurs interprètent différents rôles tout en s’ accompagnant eux même d’ instruments de musiques divers… Le choix des rôles lors du “casting” semble improvisé, la “mise en scène” aléatoire a l’ air impromptue… Ça peut paraître brouillon c’ est diaboliquement efficace…

Petit à petit, au fil des actes, les rôles s’ affirment et la mise en scène s’ impose. Les grands airs (celui du Brésilien, le “rondeau de la lettre”, “le petit nuage qui voyage”…) sont tous un peu décalés, sur des rythmes différents, comme pour éviter toute comparaison avec des interprétations célèbres. La troupe est jeune, dynamique, souriante.

Nous avions un peu peur des réactions du public… Comment dire… Un défilé de cheveux blancs, de sonotones et de déhambulateurs… Y’ a pas à dire, à l’ orchestre, nous étions les plus jeunes… Nous avons même cru entendre “J’ ai vu Dario Moréno dans la Vie Parisienne au Châtelet en 1936…”… Et bien ce public plutôt senior était enthousiaste, réceptif, joyeux… en un mot : rajeuni… C’ est l’ effet Offenbach, la fraîcheur de l’ oeuvre permet toute fantaisie, toute adaptation…

Pour ma part, La Vie Parisienne est un de mes 1ers souvenirs de théâtre… et c’ était effectivement au Châtelet (en 1980), mais sans Dario Moréno et dans une mise en scène très académique.

Donc, je réitère mon interjection de la 1ere ligne : courrez-y. Les locations sont ouvertes jusqu’ au 21 Février. Et le Théâtre Antoine mérite le détours… Quelle jolie salle !

“Norma”, Répétition Générale, Théatre du Châtelet, 16 Janvier 2010.

16 janvier 2010

Nous étions presque en retard hier soir pour la générale de Norma au Châtelet… Nous sommes entrés dans la salle au moment où la sonnerie (stridente) qui invite chacun à regagner sa place s’ arrêtait.
La salle était pleine à craquer (plus que pour les autres générale visiblement). Pas de bonnes places en vue.
Nous nous asseyons en loge d’ orchestre, 2nd rang… Les places à visibilité réduite pour ceux qui connaissent les lieux…
Mais proche de l’ avant scène, donc près des chanteurs lorsqu’ ils s’ y trouvent…

Comme à l’ accoutumé on nous sommes prévenus que les chanteurs ne sont pas tenus de nous donner toute leur amplitude vocale lors d’ une répétition générale…

Je ne connaissais pas du tout cet opéra. Un grand air au 1er acte tout du moins ( “Casta Diva”… j’ y viendrais plus tard). Et ça été une découverte heureuse…
L’ histoire est, comme souvent dans les opéras, à la fois bête à pleurer (Ils sont mariés, il en aime une autre, il veut partir, elle le laisse partir, il reste…) et très dense (elle est grande prêtresse Gauloise, il est proconsul Romain, elle veut sacrifier ses enfants plutôt que de les perdre, il veut mourir avec elle…)… Bref, de l’ opéra plein de grands sentiments, de bouleversements hormonaux et de fièvre combative.

Le metteur en scène , Peter Mussbach, a choisi de placer ses personnages dans un décors et un environnement à la hauteur de leurs passions et de leurs turpitudes : un hôpital psychiatrique.
Mais attention, un hôpital dans le plus pur esprit “asile d’ aliénés 1956″ : murs de béton brut avec des trous comme fait à la barre à mine ici et là (les personnages s’ y accrochent parfois, comme pour s’ évader), costumes blafards, maquillages à la truelle, cheveux blanchis…
Seules notes de couleurs : la robe fleurie d’ Adalgisa, le corps peint en bronze doré de Pollione et le manteau cramoisi de Norma (qui porte des bottes mortelles, galbantes, satinées… La rue Blondel n’ est pas loin !!)
Pas de meubles, une chaise seule, un cheval monté sur roulettes et une sphère géante poussée à travers de la scène par les figurants (elle semble alors très lourde) ou par le héros seul, qui y arrive d’ une seule mains, sans transpirer… trop fort ! La sphère (ce n’ est que mon point de vue) symbolise à la fois la lune (vénérée des Gaulois) et l’ oppression (elle accule les personnages dans les recoins du décors, les obliges à se courber, se coucher… oui, comme dans “Le Prisonnier”… sauf qu’ ici il n’ y a pas de numéros attribués aux protagonistes…)

Le “Casta Diva”… Nous avons tous dans l’ oreille la version sublime de Maria Callas en 1958… Je l’ ai oubliée hier soir… Norma, devant la sphère, à genoux, hôte toute trace de crépuscule à cette mélodie lancinante et en fait un chant presque sensuel, tendre…

Le duo (qui dure quasiment un tiers de l’ acte 1) entre Norma (l’ épouse) et Adalgisa (l’ autre femme) est époustouflant… Comme deux gamines qui parlent de grands sentiments en se roulant dans l’ herbe, qui échangent des confidences plus qu’ intimes en habillants des poupées… N’ oubliez pas que nous sommes dans un HP… L’ arrivée de Pollione (le mari-amant), la colère de Norma (elle n’ avait pas compris que Adalgisa lui parlait de son mari), les suppliques d’ Adalgisa (aussi triste d’avoir désigné son amoureux que désireuse de minimiser sa faute) transforment le duo en un trio frémissant de rage et de passion…

Entracte.

Nous retrouvons Yves (notre ami qui veille à nous chouchouter lorsque nous assistons à une générale ou à une représentation au Châtelet), qui, scandalisé -le terme n’ est pas usurpé- par notre mauvais placement lors du 1er acte, nous assoit, pour le 2nd, à la corbeille, réservée habituellement à l’ élite de la presse, à la crème de la scène internationale et aux (généreux) mécènes du Théâtre… Merci Yves !

D’ ici la vue sur la scène est moins confinée… Et l’ immensité du plateau dépouillé, bétonné, donne vraiment une vision encore plus absurde de la situation et des sentiments des protagonistes…
Les trous qui parsèment les murs sont désormais des ouvertures lumineuses qui font presque oublier la nudité de l’ ensemble…
La sphère, pourtant impressionnante, de l’ acte 1 est remplacée (là le décors s’ ouvre…) par une autre sphère, plus grande, plus brillante, plus impressionnante… Quasiment la hauteur de la scène !

Pour revenir à l’ histoire (de plus en plus alambiquée et dérisoire : l’ HP donne vraiment un autre sens à tout cela…)… Norma veut tuer ses enfants (2 poupées de chiffons grandeur nature…), elle ne veut pas qu’ ils soient à la merci des Romains (elle a déjà oublié que leur père, son mari, est Romain… Finalement l’ HP se justifie pleinement !). En définitive elle les confie à leur nourrice. Elle s’ auto-accuse de trahison envers son peuple et ses croyance et demande à être sacrifiée sur le bûcher… Pollione s’ aperçoit qu’ il l’ aime toujours, qu’ il a fait une grosse bêtise en s’ acoquinant avec Adalgisa (qui se retrouve dans le rôle de la manipulatrice briseuse de ménage) et il l’ accompagne dans les flammes… (en fait ils font flamber le cheval de l’ acte 1…). Rideau.

Ovation… Méritée !

La direction musicale est entre les doigts (magiques) de Jean-Christophe Spinosi, que nous avions eu le privilège de voir diriger “Les Vêpres de La Vierge” (Monteverdi) dans ce même théâtre l’ an dernier.
Norma est interprétée par Lina Tetriani, somptueuse liane longiligne…
Pollione , avec une mâle assurance, par Nikolai Schukoff…
Adalgisa, qui est peut-être celle qui m’ a le plus ému, par Paulina Pfeiffer…
Je n’ ai pas parlé du rôle d’ Oroveso (le père de Norma) lors de mon résumé (résumé qui n’ engage que moi… les puristes me pardonneront) tenu par Nicolas Testé et doublé (!) par Wojtek Smilek.
En fait, Nicolas Testé ne pouvait pas chanter… Il a joué son rôle… et la partie vocale était assurée par Wojtek Smilek  depuis l’ avant scène… C’ était assez impressionnant, comme une séance de synchronisation en direct…

Un opéra peut parfois être agaçant lorsqu’ il mêle mythologie et sentiments (Décalé, absurde d’ abnégation et de grandeur d’ âme…).
Le point de vue de Peter Mussbach m’a enlevé cet agacement.
Il a replongé la situation dans ce qu’ elle est : une légende tragique qui n’ a pas de lien avec la réalité.

Et j’ ai adoré ça !

The Sound Of Music / La Mélodie Du Bonheur, Théatre du Châtelet, 10 décembre 2009.

10 décembre 2009

Nous étions hier soir avec Christophe, Bruno et Christian à la représentation de The Sound Of Music au Châtelet.

Alors alors alors….

Le théâtre du Châtelet, lieu magique, se prête parfaitement à l’ oeuvre de Rodgers & Hammerstein. Décors majestueux, profondeur de scène, déplacements fluides, changements de tableaux rapides… Bref, la technique qui peut parfois plomber un spectacle est au service de la représentation.

Je ne reviendrais pas sur le résumé de l’ histoire (http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Mélodie_du_bonheur_(film,_1965)), ni sur les exploits vocaux de Julie Andrews dans le film…
Le plus dur a été finalement d’ oublier l’ adaptation cinématographique. Ensuite, une fois ce petit détail réglé, tout glisse comme sur une piste verte dans les alpes bavaroise…

Il y a dans le rôle de Maria la sublimissime, divine, splendide Sylvia Schwartz… Ah, Sylvia… Ce n’ était pas évident pour elle de trouver le ton juste entre sa voix “lyrique” et la voix “Broadway” pour laquelle la partition a été écrite. Mais elle parvient à faire oublier son aspect opéra pour se glisser dans un rôle plus simple, plus modeste. Elle a une diction incroyable, un accent anglais impeccable et un vrai talent d’ actrice (ce qui n’ est hélas pas le cas de la plupart des cantatrices actuelles).
De plus hier soir c’ était son anniversaire… Et si mon “Joyeux Anniversaire” crié depuis la corbeille est un peu tombé à plat -mais en plein dans les oreilles de la fille insupportable qui n’ a pas arrêté de se dandiner sur son siège devant moi durant toute la représentation entre deux baisers à son amoureux de voisin- l’ orchestre lui a joué un “happy birthday” très enjoué durant les rappels… et elle était visiblement émue (ou bonne actrice, ce qui confirme ce que j’ ai écrit plus haut…).

Le reste de la troupe n’ est pas en reste : j’ avais un peu d’ appréhension quand au casting des enfants, qui surjouent parfois. Ici non, ils sonnent “juste”. Le Capitaine Von Trapp n’ est pas mal non plus. La très bonne surprise : la “Mère Abbesse”, rôle un peu sacrifié dans le film, et qui ici prend une place toute évidente (Kim Criswell, drôle, émouvante, vocalement surprenante… son “grand air”, “Climb Ev’ry Montain’” m’ a retourné.).

Bref, rien à dire de particulier en fait. Si ce n’ est que lorsque le Châtelet propose (avec bonheur) des adaptation/reprises de grand spectacle (Le Chanteur de Mexico il y a 3 ans, Edward Aux Mains d’ Argent l’ an dernier) on peut y aller les yeux fermés, ne pas hésiter à prendre des places de 1er ordre…

Le spectacle est proposé jusqu’au 3 janvier 2010…


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